Substance : I(S)RS

info À propos

Les ISRS, Inhibiteurs Sélectifs de la Recapture de Sérotonine, sont une famille de médicaments principalement utilisés pour leurs effets anti-dépresseurs. Les inhibiteurs non-sélectifs (IRS) peuvent également inhiber la recapture de la noradrénaline.

Les informations ci-dessous concernent les médicaments communément appelés I(S)RS, tels que la paroxetine ou l’amitryptiline, mais pas d’autres substances ayant un effet I(S)RS (comme le Tramadol).

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Potentialisation

Les effets de ces substances sont multipliés ou fortement modifiés par leur combinaison.
Fiabilité : supposée.
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error_outline Risque estimé

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Dangereux

La combinaison de ces substances présente d'importants risques physiques ou mentaux.
Fiabilité : avérée.
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flare À propos des effets

Les effets de cette interaction sont mal connus, car il n'existe pas encore d'étude prospective à son sujet. De plus, sa dangerosité supposée en fait une combinaison peu pratiquée par les usagers récréatifs, et donc peu décrite.

Sur Erowid, les quelques retours d'usagers rapportent une proportion élevée de crises épileptiques, pertes de connaissances et convulsions (voir par exemple ici, ou ).

De plus, cette revue de littérature rassemble les cas où cette combinaison a entraîné un syndrome sérotoninergique (STS), dont les symptômes incluent : confusion, fièvre, contractions involontaires, augmentation de la pression sanguine, du rythme cardiaque... Ce TR décrit peut-être un STS de faible intensité.

Comme l'explique cet article, le risque de STS existe parce que le tramadol et les I(S)RS ont en commun d'agir sur la sérotonine en inhibant sa recapture. De plus, la plupart des I(S)RS altèrent la métabolisation du tramadol en inhibant l'enzyme CYP2D6, ce qui augmente sa concentration dans le sang, et donc la stimulation des récepteurs à sérotonine. Le même mécanisme pourrait par contre amoindrir l'effet analgésique du tramadol en empêchant la formation de son métabolite, principal responsable de l'effet opiacé.

Il existe quelques retours d'expérience sans incident, comme celui-là. Les effets décrits ne semblent alors pas différer de ceux du tramadol consommé sans I(S)RS.

menu_book À propos des risques

Le moteur d'interactions médicamenteuses de drugs.com indique deux risques :

  • les convulsions, car le Tramadol comme les I(S)RS abaisseraient le seuil épileptogène. Ce risque est confirmé par une majorité de retours d'usagers sur Erowid, parfois à faibles doses (voir par exemple ce Trip Report).

  • le syndrome sérotoninergique. Ce risque est confirmé par des études de cas (citées par exemple ici). Son incidence est considérée comme faible en milieu médical (voir cette revue de littérature), mais elle n'est pas évaluée chez les usagers récréatifs, qui ont tendance à consommer des doses supérieures aux doses thérapeutiques.

Chacune de ces complications peuvent avoir de graves conséquences. Pour cette raison, TripSit indique ce combo comme étant dangereux. Dans la pratique médicale, il est généralement considéré comme acceptable mais nécessitant une surveillance particulière (voir par exemple le tableau p.12 de cette revue de littérature).

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bubble_chart Tendance synergique

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Potentialisation

Les effets de ces substances sont multipliés ou fortement modifiés par leur combinaison.
Fiabilité : non évaluée.

error_outline Risque estimé

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Dangereux

La combinaison de ces substances présente d'importants risques physiques ou mentaux.
Fiabilité : non évaluée.

flare À propos des effets

Ce combo entraîne une forte élévation des niveaux de sérotonine dans les synapses du cerveau, pouvant mener à un empoisonnement potentiellement mortel nommé "syndrome sérotoninergique".

menu_book À propos des risques

De nombreuses substances n'étant pas des anti-dépresseurs ont, ou sont soupçonnées, d'avoir un effet IMAO.

Ce combo présente un risque important de syndrome sérotoninergique. Cet article précise la gravité du risque en fonction de la molécule.

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Inconnue

Les effets de cette combinaison ne sont pas connus.

error_outline Risque estimé

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Vigilance

Cette combinaison présente de faibles risques physiques ou mentaux, ou peut déclencher des situations à risque.
Fiabilité : avérée.
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flare À propos des effets

La plupart des études sur des humains interrogent l'addition des effets sédatifs. Elles ont été menées sur de toutes petites cohortes (ici de 12 personnes, de 8 personnes), avec des résultats contradictoires. Par ailleurs la consommation d'alcool peut provoquer des interactions métaboliques différentes selon qu’elle soit ponctuelle ou chronique, un mécanisme vulgarisé dans ce topic.

ISRS (paroxétine, fluoxétine...)

D'après cette revue narrative, les ISRS ne présenteraient pas d'interaction particulière avec l'alcool. Mais cette revue systématique rapporte un nombre significatif de cas d'ivresses disproportionnées sous ISRS. Les auteurs de cette étude pensent que l'interaction entre alcool et anti-dépresseurs est actuellement sous-estimée.

Des retours d'expérience, comme ici avec la fluoxétine ou avec le citalopram, témoignent effectivement d'une augmentation des effets de l'alcool pendant la durée du traitement. D'autres ne relèvent pas de changement particulier, voire une réduction des effets. Ces expériences variées pourraient s'expliquer par une interaction métabolique, la plupart des ISRS étant métabolisés par le même groupe d'enzymes que l'alcool (P450).

Tricycliques (amitriptyline, doxepin…)

D'après cette revue narrative, les effets sédatifs des tricycliques sont additionnés à ceux de l'alcool. Certains pourraient également présenter une interaction métabolique : par exemple, cette petite étude relève que l’alcool augmenterait les quantités d’amitriptyline dans le sang.

menu_book À propos des risques

En ce qui concerne les ISRS, le site drugs.com, destiné aux professionnels de santé, prévient d'une addition d'effets sédatifs et d'altérations du jugement. Il conseille de réduire ou d'éviter la consommation d'alcool pendant la durée du traitement. Les discussions entre usager·es, telles que ce thread ou celui-là, rapportent des expériences variées, et invitent généralement à la modération plutôt qu'à l'abstinence.

Néanmoins, cette revue systématique rapporte un nombre significatif de cas où une personne sous ISRS expérimente une ivresse "pathologique". Ces ivresses se caractériseraient par une désinhibition disproportionnée, une consommation frénétique, des trous de mémoire et parfois de la violence. Des retours d'usager·es, tels qu'ici et , témoignent ainsi de pertes de conscience et de contrôle.

Concernant les tricycliques (amitriptyline, doxepin…), le même site drugs.com prévient que la consommation d'alcool peut augmenter la concentration d'anti-dépresseur dans le sang, ce qui en augmente les effets négatifs. La consommation régulière d'alcool pourrait entraîner l'effet inverse, selon un mécanisme résumé dans ce topic.

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Atténuation

Les effets de ces substances sont contradictoires et certains d'entre eux s’atténuent.
Fiabilité : avérée.
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error_outline Risque estimé

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Vigilance

Cette combinaison présente de faibles risques physiques ou mentaux, ou peut déclencher des situations à risque.
Fiabilité : avérée.
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flare À propos des effets

Les effets de la MDMA sont considérablement réduits, voire annulés, par la prise d'anti-dépresseurs inhibiteurs de la recapture de sérotonine (ISRS). Par exemple dans ce trip report, malgré des prises répétées, l'usager n'atteint jamais une euphorie satisfaisante. On peut aussi consulter la liste des études ayant mené à cette conclusion à la page 55 de ce rapport de MAPS. Des cas anecdotiques de vécus désagréables on été rapportés.

À l'inverse, la MDMA peut augmenter la concentration d'anti-dépresseur dans le sang. En effet, comme le rapporte cette étude, la MDMA inhibe l'enzyme CYP2D6, impliquée dans l'élimination de la plupart des ISRS, comme la fluoxetine et la sertraline. Cette étude montre que l'inhibition peut durer une dizaine de jours.

menu_book À propos des risques

La recherche, comme le montre cette revue de littérature, statue aujourd'hui sur un risque immédiat très faible, voire inexistant. Mais par le passé, ce mélange a parfois été présenté comme entraînant un risque important de syndrome sérotoninergique. Cet article et ce topic donnent une idée de la controverse à ce sujet.

La MDMA peut néanmoins menacer la stabilité du traitement, et donc son efficacité, en ralentissant l'élimination des médicaments métabolisés par l'enzyme CYP2D6, ce qui concerne la majorité des anti-dépresseurs. Dans le cas de tricycliques tels que la nortriptyline, cette revue de littérature montre que cela augmente la toxicité cardiaque.

Des cas anecdotiques de vécus désagréables ont été rapportés, comme celui-ci.

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Neutre

Ces substances n'interagissent pas de façon significative. Leurs effets se cumulent.
Fiabilité : supposée.
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Neutre

La combinaison de ces substances n'augmente pas significativement leurs risques par rapport à une consommation indépendante.
Fiabilité : supposée.
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flare À propos des effets

Il existe très peu de témoignages concernant cette combinaison, et ils ne relèvent rien de spécifique (exemple ici). Ces produits n'étant pas rares, et leur mélange n'étant pas réputé dangereux, cette pénurie indique probablement qu'il n'y a rien à en dire de particulier.

Ce protocole d'expérience propose d'examiner si les effets anti-dépresseurs de chacune de ces substances pourraient s'additionner.

menu_book À propos des risques

Pour l'instant, il ne semble pas y avoir d'étude évaluant les risques de cette combinaison. Néanmoins, celle-ci ne semble pas présenter de danger particulier.

Ainsi, cet article à destination des dentistes, qui présente les interactions entre médicaments psychotropes et produits anesthésiants, ne mentionne pas cette combinaison. Le protoxyde d'azote y est également décrit comme un produit sécure car ayant une faible propension aux interactions (cette dernière affirmation ne concerne bien sûr pas les substances récréatives, dont il n'est pas question dans l'article).

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